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Léonard Audet, c.s.v.
12 novembre 2008
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À l'instar de l'apôtre Paul, la vocation n’est pas un appel reçu une fois pour toutes, mais un dynamisme qui se déploie tout au long d’une vie.
L’Église est entrée dans l’année paulinienne à l’occasion du bimillénaire de la naissance de saint Paul, l’Apôtre des nations.Voici quelques notes sur la personnalité de ce grand missionnaire : le pharisien d’abord, ensuite l’apôtre de Jésus Christ. Plus loin nous participerons au récit de son appel et à sa rencontre avec le Ressuscité.
Paul voit le jour il y a deux mille ans à Tarse, en Cilicie, dans l’actuelle Turquie. Il vient au monde vers l’an 8 de notre ère, de parents juifs honorables; par sa naissance, il est donc citoyen romain. Mais qui est-il vraiment?
Dans le temple de Jérusalem, devant la foule qui veut le tuer, il se présente lui-même :
« Je suis juif, né à Tarse en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville (Jérusalem), où j’ai reçu, à l’école de Gamaliel, un enseignement strictement conforme à la Loi de nos pères; je défendais la cause de Dieu avec une ardeur jalouse. » (Ac 22,3).
Son maître à Jérusalem est donc Gamaliel l’Ancien, ce célèbre rabbin mentionné dans la tradition juive, de même que dans le livre des Actes des Apôtres : en effet, l’Évangéliste Luc écrit dans les Actes que c’est Gamaliel qui fait relâcher les Apôtres lors d’une première arrestation à Jérusalem (Ac 5,34-39); c’est, selon Luc, « un pharisien (…), un docteur de la Loi estimé de tout le peuple ». Et c’est ce même grand rabbin qui est le maître de Paul avant sa rencontre du Seigneur sur le chemin de Damas. Paul lui doit son éducation juive. Encore jeune, est-il nécessaire de le rappeler, Paul est un pharisien intolérant.
Il ne parle pas beaucoup de sa vie antérieure à l’événement de sa rencontre sur le chemin de Damas, en l’an 35 de notre ère. On sait seulement qu’il est farouchement partisan des « traditions de ses pères »; par rapport à la Loi et à la religion juive, il reste un pharisien irréprochable; en rapport à l’Église naissante, il est un persécuteur acharné, faisant son travail « avec une ardeur jalouse », comme il l’affirme lui-même.
D’ailleurs, saint Luc écrit de lui qu’après la lapidation d’Étienne,
La lapidation d'Étienne
« il ravage l’Église, pénètre dans les maisons, en arrache hommes et femmes pour les jeter en prison » (Ac 8,3).
Plus loin, saint Luc précise que Paul (Saul),
« ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur, va demander au grand prêtre des lettres pour les synagogues de Damas. S’il trouve là des adeptes de la Voie (le christianisme), hommes ou femmes, il les amènera enchaînés à Jérusalem » (Ac 9,1-3).
Voilà un persécuteur zélé et très dangereux pour l’Église primitive.
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