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Rodolfo Felices Luna
15 décembre 2006
Aperçu
1er d'une série de 10 chroniques sur les défis des premières communautés chrétiennes à la lumière du Nouveau Testament.
Rodolfo Felices Luna est docteur en théologie (spécialisé en études bibliques).
Il assure une formation aux catéchètes de diocèse de Gaspé. Il est également professeur associé à la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke.
Face aux défis de l'Église dans notre société déchristianisée, il est tentant parfois de se décourager et de manquer d'espérance.
Face aux nouvelles façons de remplir la mission et aux nouvelles structures qu'il nous faut mettre en place pour répondre aux signes des temps et à l'appel de Dieu, nous pouvons peut-être nous imaginer que la tâche est trop lourde, que l'Église va trop vite, qu'il est impossible de suivre pareils changements à l'intérieur d'une seule génération.
Afin de mettre nos défis en perspective, je vous propose de réfléchir sur les défis des deux premières générations chrétiennes, dont le Nouveau Testament en témoigne, en espérant que ce soit source d'inspiration et de courage pour nos engagements.
L'Église est née à Pâques, pas avant. Le ministère de Jésus de Nazareth l'appelait à naître, dans chaque geste posé et chaque parole dite; mais il serait prématuré de la croire déjà vivante avant le départ de Jésus :
Ces quatre axes de l'activité de Jésus préfigurent les quatre axes de la vie de l'Église selon Actes 2,42. L'Église d'après Pâques se réclame de Jésus, parce qu'ayant reçu le même Esprit, elle se dédie sans relâche à poursuivre ces quatre aspects de la mission :
L'Église est le rassemblement de ceux et celles qui sont appelés à la suite de Jésus dans le même Esprit.
C'est pourquoi il importe de se rendre compte que chaque baptisé, ayant reçu le même Esprit, s'engage à contribuer personnellement à la réussite de la mission communautaire, selon son charisme et les talents reçus.
À l’heure des changements dans notre façon de vivre la mission de l’Église, il nous faut raviver l’appel et la grâce de notre baptême en Jésus.
Qu'est-ce que le baptême, si ce n'est une consécration de l'individu à devenir prêtre, prophète et roi pour son milieu, à l'image de Jésus? Quand nous demandons le baptême pour nos enfants, nous les offrons au Christ pour la mission.
Dans le diocèse de Gaspé notamment, la mise en place des Équipes de Pastorale Paroissiale (EPP) vise à aider les baptisés à rester fidèles aux quatre axes de la mission confiée à l'Église par le Christ Ressuscité.
Dans une EPP, chaque volet de la mission est promu par un membre, qui en assume la responsabilité au nom de toute la communauté. Sans EPP, nos paroisses pourraient privilégier spontanément certains aspects de la mission, au détriment d'autres tout aussi importants. Les EPP sont les garants d'un sain équilibre dans la vie spirituelle de chaque paroisse.
La mission qui nous est confiée par Jésus peut paraître lourde à porter individuellement, mais ensemble on y arrive avec la foi et l'engagement de tous.