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Rodolfo Felices Luna
10 janvier 2007
Aperçu
3e d'une série de 10 chroniques sur les défis des premières communautés chrétiennes à la lumière du Nouveau Testament.
Rodolfo Felices Luna est docteur en théologie (spécialisé en études bibliques).
Il assure une formation aux catéchètes de diocèse de Gaspé. Il est également professeur associé à la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke.
Poursuivre la mission de Jésus en son absence physique constituait tout un défi pour les apôtres et pour l'ensemble des disciples endeuillés. L'Évangile en est témoin.
En effet, avant les apparitions du Ressuscité, on nous dit que les femmes allaient pleurer au tombeau (Mt 28,1; Mc 16,1; Lc 24,1; Jn 20,1) et que les hommes retournèrent, désillusionnés, à leurs filets de pêche (Jn 21) :
La passivité et l'abandon de la mission se résument bien dans ces propos des disciples sur le chemin d'Emmaüs :
« Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées » (Lc 24,21).
Les disciples, hommes et femmes, regrettent avec douleur leur passé vécu avec Jésus « selon la chair ». Il leur a fallu apprendre à le laisser partir pour mener à bien la mission, accompagnés par la présence du Christ « selon l'Esprit ».
C'est l'expérience du Ressuscité dans leurs vies qui les encourage à oser « avancer au large » et à « jeter les filets en eau profonde ».
L'Église apprend dès le départ qu'il lui faut changer et s'adapter constamment aux nouvelles situations afin de rester fidèle à la mission des origines.
Comme Marie Madeleine, qui s'agrippe aux pieds du Ressuscité (Jn 20,11-18), il nous faut apprendre à laisser aller certaines façons, coutumes et structures, pour embrasser d'autres plus adéquates aux besoins du Royaume aujourd'hui. Il faut du discernement et de l'audace.
Une Église de baptisés efficaces se doit d'être en perpétuelle « conversion ». Cela n'est pas manquer de respect pour les traditions; c'est au contraire honorer la raison d'être des traditions : la réussite de la mission!
Voilà qui constitue le cœur de la mission chrétienne, à la suite de celle de Jésus :
Les façons de s'y prendre peuvent et doivent changer au cours des époques, afin de relever le défi de l'actualisation de l'Évangile. L'organisation ecclésiale n'est pas le cœur de la mission. Les paroisses, les temples, les comités, les ministres... tout cela n'existe qu'en vue d'accomplir la mission.
Parfois il faut se réorganiser autrement, c'est tout. Au commencement, il n'y avait ni paroisse, ni temple, ni prêtre, ni agente de pastorale... ne l'oublions jamais!