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L’Église en quête de communion
Au commencement était... le changement!

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Rodolfo Felices Luna
23 mars 2007

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8e d'une série de 10 chroniques sur les défis des premières communautés chrétiennes à la lumière du Nouveau Testament.

Rodolfo Felices Luna est docteur en théologie (spécialisé en études bibliques).
Il assure une formation aux catéchètes de diocèse de Gaspé. Il est également professeur associé à la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke.

Après la conférence de Jérusalem, Paul a toute la liberté voulue pour évangéliser les païens sans leur imposer la Loi juive.

« En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Rm 10,9).

Par le baptême en Jésus Christ, Paul gagne de nombreux prêtres, prophètes et rois parmi les païens, afin qu'eux aussi, ils poursuivent la quadruple mission de Jésus :

  • porter la bonne nouvelle aux pauvres,
  • porter secours aux démunis et contester les injustices,
  • créer une fraternité plus humaine d'ores et déjà,
  • et prier Dieu d'instaurer son Royaume.

N'oublions pas que la raison d'être du baptême est de nous préparer, comme Jésus, à remplir notre mission à la suite du Christ. À cet effet, l'Esprit du Seigneur est donné à tout baptisé, peu importe son état de vie ou sa vocation. Le baptême fait de nous tous des missionnaires du Royaume.

Un seul baptême, plusieurs tables

Le succès de la mission paulinienne aggrave en contrepartie les divisions déjà présentes au sein de l'Église.

Il y avait les chrétiens d'origine juive qui parlaient araméen ou hébreu, et ceux d'origine juive qui parlaient le grec. S'y ajoutaient des chrétiens d'origine païenne, qui parlaient le grec ou le latin, en plus de leur langue ethnique. Il y avait Jérusalem, puis Antioche; suivies ensuite d'Éphèse, Philippes, Thessalonique, Corinthe et Rome... Il y avait aussi le Juif et le Gentil, le pauvre et le riche, le paysan et le citadin, l'éduqué et l'illettré, l'homme et la femme, l'esclave et l'homme libre, etc.

Avec l'accroissement du nombre et de la diversité surgissent les préjugés, l'intolérance et l'incompréhension, de part et d'autre. Il est ô combien difficile de garder l'harmonie et la communion au sein d'un groupe diversifié!

Les apôtres d'hier, d'aujourd'hui et de demain feront toujours face à ce redoutable défi de garder l'Église unie, sans niveler toutes les différences...

Unis dans la diversité

Très tôt, les Douze doivent imposer les mains à Sept braves hommes de langue grecque, afin qu'ils s'occupent des fidèles dans leur propre langue (Ac 6,1-7).

La conférence de Jérusalem distingue les volets de la mission : Paul ira vers les païens, tandis que Pierre et Jacques évangéliseront les juifs (Ga 2,9).

Au sein d'une même communauté chrétienne, Paul attire l'attention sur la diversité des dons et des charismes, complémentaires pour la mission (1 Co 12,4-30). Ces considérations et ces dispositions ne sauraient prévenir les rivalités, la compétition et les malentendus, avec lesquels toute entreprise humaine doit composer.

Ainsi, Corinthe est tiraillée par des allégeances partisanes envers divers apôtres (1 Co 1,10-13); les responsables ecclésiaux de Philippes éprouvent une certaine difficulté à travailler de concert (Ph 4,2-3). Et que dire de cette célèbre dispute entre Paul et Pierre à Antioche? Dans sa lettre aux Galates, Paul regrette cet incident où Pierre évite de s'asseoir à table avec des païens pour ne pas indisposer les envoyés de Jacques (Ga 2,11-14).

Non, assurément, l'Église n'est pas à l'abri des conflits, malgré tout l'amour et la dévotion de ses membres... Il revient particulièrement aux évêques, successeurs des apôtres, de veiller à l'unité cordiale et à la communion de l'Église universelle. Tout un défi!

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