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L’Église pauvre, petite et solidaire
Au commencement était... le changement!

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Rodolfo Felices Luna
20 décembre 2006

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2e article d'une série de 10 chroniques sur les défis des premières communautés chrétiennes à la lumière du Nouveau Testament.

Rodolfo Felices Luna est docteur en théologie (spécialisé en études bibliques).
Il assure une formation aux catéchètes de diocèse de Gaspé. Il est également professeur associé à la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke.

Imaginons un peu comment se sont sentis les apôtres au lendemain de Pâques, chargés de vivre les quatre axes de la mission sans Jésus à leurs côtés, puis sensés étendre cette communion jusqu'au bout de la Terre...

Faire comme Jésus, sans Jésus

À Pâques, les apôtres ont beau se réjouir de la vie du Ressuscité, il n'en reste pas moins que Jésus n'est plus là physiquement pour les instruire, les corriger, les encourager, les guider... ou pour tout faire à leur place! La mission vient de leur tomber sur les épaules : prêts... pas prêts... on y va!

Nous aussi, héritiers d'un temps où prêtres et religieuses faisaient presque tout à notre place (nous n'avions qu'à nous asseoir, prier, et financer leurs œuvres), nous sommes bouleversés par le changement de situation. Les vocations sacerdotales et religieuses se font rares, nos assemblées vieillissent et s'appauvrissent... l'Esprit du Christ serait-il en train de nous inviter tous et toutes à nous mettre debout et à prêter main forte à la mission?

Mais, Seigneur... nous ne savons pas comment faire! Et nous sommes maintenant de moins en moins nombreux... Les apôtres étaient-il instruits? Possédaient-ils un baccalauréat en théologie? Étaient-ils si nombreux que ça pour l'énormité de la mission? Où est passée la grâce de notre baptême?

Douze moins un

Non seulement le cercle initial des apôtres était-il peu nombreux, il a fallu encore en perdre un pour un temps...

  • Pouvons-nous nous imaginer le désarroi des disciples à voir l'un des Douze trahir le maître et le vendre aux autorités de Jérusalem?
  • Pensons-nous qu'ils pouvaient être bien fiers, les Onze restants, avec Judas parti, Pierre ayant renié le Seigneur et Thomas mettant en doute la Résurrection?

Tous s'étaient sauvés en courant du Jardin des oliviers, la nuit fatidique de l'arrestation. La belle équipe de départ! Auraient-ils ce qu'il fallait pour s'organiser et assumer la mission de Jésus?

Heureusement pour nous, les apôtres prennent réconfort dans la prière commune et le partage de la Parole et du Pain. Ils sont fortifiés par l'Esprit du Christ pour agir en son nom.

Assez rapidement, ils demandent au Seigneur de désigner un successeur à Judas. Cela se veut un signe que le Christ ne les abandonne pas et qu'eux non plus, n'abandonnent pas leur mission.

Matthias fut choisi (Actes 1,15-26). Ce n'était pas un habitué des Douze, il aurait pu toujours se sentir comme un remplaçant de second ordre, le dernier venu. Pourtant, il a accepté avec simplicité et avec foi la charge qui lui était confiée.

Et que dire de Joseph, l'autre candidat qui ne fut pas élu? Pensons-nous qu'il a pris congé de l'Église ou qu'il s'est mis à bouder tout seul dans son coin? Assurément, il a prêté main forte lui aussi, bien qu'autrement.

Qu'importent les titres et les honneurs, pourvu que la mission se réalise?

Il ne suffit pas de nommer des responsables; ces derniers ont besoin de collaborateurs fiables. En un sens, nous sommes tous et toutes appelés à devenir des Matthias et des Joseph dans nos paroisses, pour que notre communauté locale demeure toujours fidèle à l'Évangile.

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