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Moins de dix ans après la mort de Jésus, le christianisme est déjà passé de la culture rurale (villages et campagne) en Palestine à la culture urbaine du monde gréco-romain.
Les épîtres de Paul visaient des citadins de certaines villes de l'empire romain (v.g. Corinthe, Thessalonique, Éphèse, Rome). Quelques villes hellénistiques sont ainsi devenues le centre de gravité du christianisme primitif. Alors que la Palestine était un véritable baril de poudre, les cités hellénistiques étaient plutôt paisibles et connaissaient une période de stabilité, de bien-être et de communication. D'après les épîtres de Paul, les chrétiens de l'Asie Mineure étaient largement d'accord avec les structures politiques de leur entourage (Rm 13,1-7).
Un problème social se posait toutefois à leur conscience chrétienne : c'était celui de l'esclavage. En effet, plus de la moitié de la population de certaines villes était composée d'esclaves ou d'anciens esclaves. L'esclavage était une institution importante de l'empire romain. Sa mise en cause aurait été perçue comme une attaque à l'un des piliers de l'empire. On peut dès lors comprendre que les chrétiens qui étaient alors une poignée de gens sans pouvoir, dispersés dans l'empire, ne se soient pas sentis investis de la mission de s'attaquer directement à une telle institution.
Au temps de l'Apôtre Paul, les religions traditionnelles étaient en perte de vitesse (v.g. les dieux grecs et romains) malgré l'effort des empereurs pour les soutenir par la construction de nombreux temples. Cela n'a pourtant pas arrêté la progression de religions nouvelles d'inspiration orientale, en particulier les fameux « cultes à mystères » avec leur bagage de mysticisme et d'expériences initiatiques (initiations secrètes).
Le culte impérial ou culte du souverain était aussi largement répandu dans l'empire romain et contribuait à consolider le régime. Par exemple, l'empereur Auguste a été de son vivant l'objet d'un culte religieux qu'il a habilement encouragé. Il fut vénéré à l'égal d'un dieu. La participation au culte impérial était perçue comme un geste de loyalisme politique. Les chrétiens ont bien sûr refusé de participer à un tel culte qui considérait l'empereur comme Seigneur. Pour eux, il n'y avait qu'un seul Seigneur et c'était Jésus le Christ.
Dans le contexte socioreligieux qui est le vôtre, quels sont les signes d'espérance?
Décrivez-les.
Quels sont les cultes qui aujourd'hui attirent les foules? Pourquoi?
Selon vous, quels sont les points forts du contexte socioculturel de votre
milieu?
Le christianisme était à son début une sorte de mouvement spirituel à l'intérieur du judaïsme. Mais très tôt une question est devenue brûlante pour les chrétiens issus du monde grec et romain : en plus d'adhérer à Jésus Christ, fallait il observer la Loi juive comme le faisaient les judéo chrétiens? Certains ont alors répondu oui : pour être sauvé, il fallait croire en Jésus Christ et observer la Loi (Ac 15,5). L'Apôtre Paul leur a opposé un refus catégorique, au nom même de sa foi au Christ. Ce fut l'une des crises les plus graves de l'Église primitive. L'épître aux Galates est témoin de ce débat et du passage du christianisme de l'état de groupuscule judéo-chrétien à l'état de religion universelle.
Au sujet du contexte religieux, il faut aussi ajouter qu'on avait alors une vision très négative du monde. La perception commune était que l'être humain était opprimé et écrasé par des forces hostiles : pouvoirs astraux, esprits, démons, etc. Pour apaiser et pacifier ces forces démoniaques, on s'adonnait à certaines pratiques cultuelles : prières, sacrifices, astrologie, magie, rites superstitieux. Paul dut combattre fermement de telles croyances et pratiques (Ga 4,8-11).
Dans les Églises pauliniennes, la majorité des chrétiens venaient des classes inférieures. On pense que les deux-tiers des chrétiens de Corinthe étaient formés d'esclaves ou d'anciens esclaves. Toutefois, les études récentes ont montré qu'une minorité, très active dans la direction des Églises, provenait des classes moyennes : artisans et petits commerçants. Les plus riches fournissaient les maisons et les lieux pour les réunions et les prières et apportaient leur aide aux plus pauvres. Paul invite constamment au partage des biens matériels. De fait, la situation économique de l'empire et la condition socio-économique des gens étaient alors en pleine progression dans l'ensemble du monde gréco-romain, à quelques exceptions près comme la Palestine.
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