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Léonard Audet, c.s.v.
22 septembre 2010
Aperçu
La liberté chrétienne est à la fois un don de Dieu et une oeuvre à réaliser. Parce que ce don est force et dynamisme, il fait appel à la créativité et à l’engagement du croyant.
Aux racines mêmes du christianisme, Jésus de Nazareth est l’exemple parfait d’une grande liberté face à Dieu et face aux gens de son temps. Il a vécu son existence terrestre dans une relation personnelle faite de liberté et d’assurance par rapport à Celui qu’il nomme Père et en qui il place sa confiance.
La fréquentation de l’Évangile nous permet de vraiment découvrir en Jésus une personne entièrement libre. Et cette liberté puise à la source même de sa relation d’amour avec Celui qui l’a envoyé : « Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait » (Jn 5,20). Ou encore : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir » (Mt 3,17). Il n’est donc pas surprenant de constater que l’agir de Jésus soit marqué quotidiennement par l’assurance de l’amour de Dieu à son égard et, en conséquence, par la liberté.
De plus, les Évangiles nous montrent clairement que la source immédiate de sa grande liberté, c’est l’Esprit en lui.
Jésus vit constamment sous l’emprise de l’Esprit qui l’a marqué de son onction lors de son baptême :« Voici que les cieux s’ouvrirent et Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Mt 3,16).
Toujours il demeure sous l’influence de l’Esprit. Marc s’exprime ainsi : « Tout de suite après (son baptême), l’Esprit le pousse dans le désert. Jésus y resta pendant quarante jours et il fut tenté par Satan » (Mc 1,12-13).
À son tour, Luc mentionne que Jésus a commencé son œuvre en Galilée, « plein de la puissance du Saint-Esprit … et il enseignait dans leurs synagogues» (Lc 4,14-15) ; il laisse ainsi entendre que Jésus s’est laissé guider par l’Esprit tout au cours de sa mission terrestre. De là sa grande liberté!
Sa liberté s’exprime d’abord dans l’amour et le service des autres. Il affirme être venu pour servir et donner sa vie (Mc 10,45); « Celui qui veut être grand doit se faire le serviteur de tous » (Mc 10,43-44).
Sa liberté est vraiment une façon de vivre. Elle se manifeste, entre autres, par rapport à l’interprétation pharisaïque de la Loi de Moïse qui, peu à peu, était devenu un fardeau pour les croyants et aliénait leur propre liberté : « Ils (les Pharisiens) lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23,4).
Jésus fait montre aussi d’une grande liberté dans ses relations avec les gens :
Sa liberté s’accompagne du souci constant de libérer la vie autour de lui. Ses nombreux miracles en faveur des gens malades l’attestent fortement. À y regarder de près, Jésus est vraiment le plus libre des enfants des hommes!
Marcher librement à la suite de Jésus, voilà une note caractéristique de la foi chrétienne. Et qui donc peut tracer la route de la vraie liberté, sinon Jésus qui l’a parcourue le premier?
Et si pour Lui être libre veut dire « Agir uniquement par amour, sans aucune trace d’égoïsme » (François Varillon), il en va de même pour les disciples de Jésus.
L’amour est tellement important pour Jésus qu’il en fait même la marque essentielle de ceux et celles qui le suivent : « Le Père vous aime (Jn 16,27)... Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12). Comme autrefois les disciples d’Emmaüs, nous sommes appelés à laisser le Seigneur nous éduquer à la vraie liberté dans l’amour.
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