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Léonard Audet, c.s.v.
7 janvier 2009
Aperçu
Parce que le rêve de Dieu pour le genre humain est incommensurablement plus grand que tout ce qui peut être réalisé de beau et de grand ici-bas, le chrétien est toujours appelé à aller vers l’avant.
Si le Règne de Dieu a commencé à se réaliser en Jésus, il n’en demeure pas moins que sa réalisation plénière n’est pas encore accomplie : la présence du mal en notre monde nous le rappelle sans cesse.
Jésus a eu conscience, en sa personne, de la première réalisation du Royaume, signe du Règne plénier toujours à venir.
Dieu est à l’œuvre en ce monde (le Royaume est déjà là), mais le rêve de bonheur et de paix de Dieu pour ce monde est infiniment plus grand que ce que nous pouvons en observer actuellement (le Royaume plénier n’est pas encore là).
« Mais, selon qu'il est écrit, nous annonçons ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. » (1 Co 2,9)
Bon nombre de textes issus des Évangiles attestent que le Royaume plénier de Dieu est encore à venir :
Ces textes, ainsi que beaucoup d’autres, signifient que Jésus a bel et bien annoncé un Règne de Dieu plénier à venir, Règne qu’il a lui-même inauguré par sa venue.
Jésus se serait-il prononcé sur la date de la réalisation du Règne de Dieu dans toute sa plénitude ?
Même si certaines dénominations religieuses, les témoins de Jéhovah par exemple, essaient de prédire l’avenir à l’aide de certains textes bibliques, il faut reconnaître que leur interprétation des textes est plus que douteuse et que les faits ne leur ont pas donné raison.
De plus, d’après les évangélistes, Jésus n’a jamais précisé le temps de la venue du Règne de Dieu dans sa plénitude :
« Quant à la date de ce jour, ou à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne que le Père. » (Mc 13,32)
S’il fallait que ce texte ne remonte pas à Jésus lui-même, il en demeurerait quand bien même très significatif. Au fait, il nous révèlerait que les disciples ont gardé le souvenir que Jésus ne s’est pas prononcé sur la date de ce que nous appelons la « fin des temps ».
Jésus ressemble beaucoup aux prophètes de l’Ancien Testament qui raccourcissaient considérablement les perspectives concernant l’avenir.
Au fait, certaines textes évangéliques suggèrent que Jésus attendait l’avènement du Royaume plénier dans un avenir assez proche :
Par ailleurs, on trouve dans les Évangiles de nettes indications que Jésus a envisagé un certain intervalle de temps avant l’arrivée de ce Royaume définitif et plénier :
L’hostilité croissance des autorités juives à l’endroit de Jésus l’a amené à considérer l’éventualité de sa mort prochaine. Progressivement, Jésus a intégré la perspective de sa mort dans sa vision globale du Royaume; il l’a envisagée comme une sorte de crise préparatoire à la venue du Royaume plénier. Mystérieusement, la puissance de Dieu se manifesterait dans sa mort comme elle l’avait fait dans sa vie terrestre.
Étonnamment, le Royaume ne pourrait se réaliser pleinement qu’à travers cette crise à laquelle seraient associés ses disciples, comme en témoigne, entre autres, Mc 14,27 : « Il est écrit, je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersés. »
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