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D’après la perspective de Rm 5,12-21, chaque être humain reçoit, du fait de sa naissance, un héritage de vie et de bien (« christique ») plus fort que l’héritage de mort (« adamique »). Cependant, la vie de Dieu ne s’imposant pas, et comment en serait-il ainsi puisque « Dieu est Amour » (1 Jn 4,8), l’épanouissement d’un tel héritage de vie demande notre collaboration. Le Dieu libre s’adresse à notre liberté afin de nous partager la vie nouvelle :
« Aussi, si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu'une réalité nouvelle est là. » (2 Co 5,17)
Être chrétien, ce n’est pas d’abord porter son regard sur le futur, dans l’espérance du Royaume de l’au-delà, mais plutôt se laisser interpeller dès maintenant par le dynamisme de libération et de vie issu du mystère de la Pâque du Seigneur. C’est accepter en soi, par don du Père, une nouvelle possibilité d’existence, une nouvelle réalisation de son être profond où les limites de la mortalité seront finalement surmontées. C’est accepter que l’Esprit du Seigneur transforme son quotidien pour le faire déboucher sur ce que Paul appelle le fruit de l’Esprit : une existence marquée par l’amour, la joie, la paix, la bonté, la bienveillance, la douceur, la sérénité intérieure (Ga 5,22-23).
Ceux qui ont expérimenté ces biens savent qu’ils possèdent déjà en eux l’héritage du Seigneur et que c’est là un avant-goût de la vie du Royaume.
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