| Page 1 de 4 |
Versions : standard | imprimable
Léonard Audet, c.s.v.
17 novembre 2009
Aperçu
La communauté est une condition préalable à toute évangélisation et à toute catéchèse. Sans communautés vivantes qui témoignent de l'Évangile, l'éveil et l'éducation de la foi sont pratiquement impossibles.
Les communautés paroissiales revêtent sans doute des formes multiples et possèdent des organisations pastorales diversifiés, mais elles ont toutes comme mission d’annoncer Jésus Christ et son Évangile et de susciter des communautés où la foi est vécue, approfondie et célébrée. Leurs membres sont appelés à s’engager de quelque façon dans le champ de la mission évangélisatrice confiée par le Seigneur à son Église.
L’Évangile est, selon son étymologie, une Bonne Nouvelle. Dans un premier temps, on peut certes affirmer que l’Évangile est en soi une bonne nouvelle pour l’humanité. L’enseignement de Jésus relu par les évangélistes à la lumière de la résurrection est un message radicalement nouveau et porteur de vie.
Jésus a révélé un nouveau visage de Dieu dans ses rapports avec les êtres humains; un Dieu qui aime d’un amour inconditionnel tous et chacun, qui est présent à leur difficulté, à leur souffrance, à leur combat, mais qui est aussi partie prenante de leur aspiration au bonheur, à la justice, à l’amour… Jésus s’est adressé à Dieu en lui disant « abba », père, ou plus exactement « papa » et il a invité ses disciples à partager son intimité avec Dieu et à se considérer comme fils et filles du Père.
Jésus a aussi affirmé avec force la dignité humaine en manifestant publiquement une « option préférentielle » pour les petits, les pauvres, les malades, les exclus, révélant ainsi les préférences de Dieu. Qu’on pense aussi à ses enseignements sur le pardon et la miséricorde, sur la justice et l’amour fraternel, etc.
Rappelons enfin le témoignage de l’ensemble des auteurs du Nouveau Testament sur la résurrection de Jésus comme fondement de l’espérance chrétienne et comme mystère de salut : « Christ est ressuscité, prémices de tous ceux qui sont morts » (1 Co 15,20). Il est donc indéniable que le message du Nouveau Testament était et reste percutant.
Mais on peut légitimement se poser la question : L’Évangile est-il une nouvelle valable pour aujourd’hui? Que peut-il encore signifier pour nos contemporains? Le comportement et le message d’un homme qui a vécu il y a deux mille ans peuvent-ils apporter un sens et un éclairage à nos vies, à nous qui vivons à l’ère de la modernité, de la post-modernité et de la sécularisation?
Voyons d’abord comment on a présenté Jésus Christ et son évangile au tout début du christianisme.
Saint Luc, dans le Livre des Actes, nous donne une bonne idée des discours missionnaires des premiers évangélisateurs, tout en nous présentant, dans ses « sommaires », un idéal auquel toutes les communautés chrétiennes devraient tendre. On y découvre trois sommaires dans les chapitres 2, 4 et 5. Ces sommaires nous présentent les éléments fondamentaux ou piliers à la base de toute communauté : l’enseignement des Apôtres, l’Eucharistie et la prière, la communion fraternelle et le partage des biens.
Luc propose cet idéal de la communauté primitive comme un modèle pour toutes les Églises. De telles communautés chrétiennes devenaient de puissants témoins de l’Évangile dans le milieu. Luc écrit à propos du témoignage : « Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut » (Ac 2,47). On voit par là que Luc accorde autant d’importance au témoignage des communautés qu’à la prédication proprement dite.
La communauté chrétienne évangélise d’abord par son vécu.
| Page 1 de 4 |