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Qu’en est-il pour nous aujourd’hui? Qu’en est-il dans nos communautés chrétiennes? Comme dans l’Église primitive, l’apôtre est d’abord un témoin : « C’est avec une grande force, écrit saint Luc, que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous » (Ac 4,33).
À toutes les époques, le témoignage a été un moyen puissant d’évangélisation. Nos contemporains sont particulièrement sensibles à la rencontre de témoins. Ils sont plus attentifs à l’expérience de foi et à l’authenticité d’un parcours spirituel que préoccupés de conformité à une doctrine. C’est d’abord par son témoignage, par sa façon de vivre l’Évangile que le chrétien ou la chrétienne peut inciter des personnes à faire le choix de se mettre en cheminement vers la découverte du Mystère du Christ et de l’Évangile.
En d’autres mots, c’est moins par des enseignements systématiques ou par la transmission de contenus bien articulés que l’on peut actuellement susciter des options de foi, mais par le témoignage de chrétien(ne)s et de communautés qui ont fait l’expérience de la rencontre personnelle avec Jésus-Christ et qui sont capables d’en témoigner dans leur vie. C’est là le cœur de l’action évangélisatrice.
La mission se déploie aussi dans l’annonce explicite de Jésus Christ et de son Évangile. La Bonne Nouvelle que nous sommes appelés à faire résonner dans les cœurs est un appel à quitter les chemins de mort et à emprunter un chemin de vie à la suite de Jésus Christ. Appel à s’appuyer sur le Seigneur pour libérer en soi et dans la communauté ce besoin de vivre l’épanchement de la vie, le rayonnement de son être en joie et en espérance.
La Bonne Nouvelle offre ainsi un chemin de pacification de l’âme par la confiance en l’amour inconditionnel de Celui qui a donné sa vie pour que tous aient la vie en abondance. Cet amour est en tous et chacun une force de vie et de résurrection dans le quotidien de l’existence. L’assurance d’être aimé personnellement permet de vivre à un niveau plus essentiel de vérité et de liberté. N’est-ce pas là une nouvelle à saveur de vie?
L’acte d’évangélisation ne peut évidemment pas se dispenser de l’effort de rendre la foi chrétienne intelligible et désirable aux yeux de nos concitoyens. Autrement, comment l’Évangile pourrait-il apparaître comme la Bonne Nouvelle de la plénitude de vie en Jésus-Christ? Comment une nouvelle qui n’est pas significative et inspirante dans une culture donnée peut-elle se présenter comme une Bonne Nouvelle?
De là l’importance pour nous de refaire à notre tour la relecture de l’Évangile et de la Tradition en tenant compte du contexte socioculturel et des sensibilités qui sont les nôtres aujourd’hui. L’Évangile est une source inépuisable de sens que chaque époque a le devoir de revisiter et de mettre en valeur pour inspirer et dynamiser la marche de ses frères et sœurs en humanité.
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