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Dieu se dit à chacun, à chacune, dans sa culture. L’Évangile n’est Bonne Nouvelle que lorsqu’il s’incarne dans une culture déterminée. Il devient alors significatif pour les gens de cette culture. C’est là la règle fondamentale de l’inculturation de la foi chrétienne. Il en a d’ailleurs toujours été ainsi. En effet, chaque époque a présenté le message évangélique d’une manière particulière, adaptée à la culture du temps. Jésus s’est exprimé dans la culture juive et dans le monde rural; Paul a annoncé l’Évangile dans les villes du monde hellénistique; les premiers Pères de l’Église l’ont relu dans le contexte de la culture gréco-romaine. Et nous?
L’inculturation de la foi chrétienne touche non seulement le langage, mais aussi le contenu. Est-on capable de formuler le cœur de l’Évangile en des termes qui rejoignent les aspirations profondes des gens d’aujourd’hui, leurs besoins, leur quête de sens, leur expérience de vie? Les questions que se posent nos contemporains ne sont pas d’abord : Ai-je péché? Ai-je mérité le ciel? Mais comment vivre pleinement, comment garder une attitude positive dans la vie, comment se réaliser, comment avoir des relations harmonieuses avec les autres, etc.
Mais il ne s’agit pas seulement de tenir compte du vécu des gens qui nous entourent. On doit aussi s’efforcer de découvrir en eux et avec eux l’action de Dieu et de l’Esprit Saint et les aider à nommer leur expérience spirituelle, leur histoire sainte. C’est d’abord l’Esprit Saint qui évangélise : « Il vous enseignera toute chose » avait dit Jésus. Le rôle du catéchète, par exemple, est souvent d’aider les gens à nommer leur foi à la lumière de l’Évangile et de la Tradition vivante de l’Église. Et de les inviter par la suite à avancer toujours plus loin sur le chemin des Béatitudes à la suite de Jésus. Alors, la catéchèse pourra devenir un lieu privilégié d’inculturation en acte de la foi chrétienne.
Nos contemporains ne mettent plus d’abord leur espoir dans un salut au-delà de la vie présente. C’est ici et maintenant qu’ils poursuivent leur recherche de bonheur. C’est maintenant qu’ils ont besoin de guérison, de libération, de justice, d’amour, dans une vie plus pleine, plus heureuse, plus épanouie.
C’est bien ce que Jésus a apporté par ses paroles et ses actions en faveur de ceux et celles qui croyaient en lui, tout en privilégiant les plus démunis de son temps. Le Royaume de Dieu qu’il a instauré ne vise pas seulement l’au-delà de la vie, mais se réalise déjà dans l’épaisseur de la vie quotidienne. Qu’en est-il de l’Évangile que nous annonçons?
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