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Georges Madore, s.m.m.
8 mars 2011
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Voici le huitième d'une série de douze articles publiés dans l'édition nationale du Feuillet Paroissial. Si nous avions à écrire de nouveau le symbole des apôtres, à quoi aboutirions-nous? Aux mêmes vérités mais dites autrement. Nous utiliserions des expressions et des mots tenant compte des recherches les plus récentes. C'est ce qu'ont fait les rédacteurs de cette série.
Pourquoi ces quatre qualités appliquées à l’Église depuis au moins le IVe siècle : une, sainte, catholique, apostolique? Une manière de les comprendre consiste à les enraciner dans le mystère même de l’Église. Celle-ci est, selon l’expression de saint Paul, le corps du Christ, sa présence prolongée dans l’espace et le temps; elle est le sacrement du Christ, le rendant présent et agissant dans le monde (1 Co 12,13; Ep 4,11). Donc, l’Église possède ces quatre qualités parce que le Christ lui-même les possède. Voyons comment.
Il est UN parce qu’en lui la divinité et l’humanité sont parfaitement unies. Ainsi, dans l’Église, les aspects humain et divin sont inséparables; je ne peux prétendre aimer la dimension mystique de l’Église tout en rejetant sa dimension humaine. De plus, l’humanité du Christ est parfaitement unifiée, harmonieuse, sans désordre ni chaos. De même l’Église doit être unifiée; et cette unité entre ses membres ne peut venir que de sa parfaite union au Christ. Cette unité n’exclut pas la diversité : le corps a plusieurs membres tout en étant uni.
C’est en lui que la sainteté de Dieu habite parfaitement. Il en est de même de l’Église. Souvent, en s’adressant à ses communautés, Paul parle des Églises des saints (1 Co 14,34).
Ce mot signifie universel. En fait, le Christ a été universel : il a accueilli les païens et les juifs, les justes et les pécheurs, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres. Donc cet adjectif n’indique pas d’abord l’église catholique romaine. Il s’applique à l’Église parce qu’elle doit être universelle, ouverte à tous, comme le Christ.
Il l’a été en ce sens qu’il a voulu choisir douze personnes, les invitant à le suivre afin de les instruire, de les former, et de les envoyer (c’est le sens du mot apôtre) dans le monde pour porter son message. L’Église est donc née de la foi des apôtres, et se doit de proclamer cette foi, et rien d’autre! Elle ne peut ni ajouter ni retrancher du message du Christ révélé par ses paroles et ses gestes.
Il faudrait ajouter à cela une remarque importante: l’Église porte ces quatre qualités en même temps comme ce qu’elle est déjà et comme projet.
Le peuple de Dieu a son terme dans le Royaume de Dieu, inauguré sur terre, destiné à s’étendre, (...) en attendant son perfectionnement final à la fin des siècles... Ce peuple subsiste au sein de l’humanité comme un germe très fort d’unité, d’espérance et de salut. (Lumen Gentium no 9).
Il ne faut donc pas s’étonner que l’Église soit en même temps sainte et pécheresse, divisée et unie, divine et... trop humaine. Mais justement, nous sommes appelés à croire en elle, à croire que, malgré tout, elle porte en elle le germe de l’humanité parfaite dont Dieu a rêvé en la créant.