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Se barbouiller de cendres
Pour se préparer à entrer en Carême et
à vivre le Mercredi des Cendres...

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Les cendres parlent de notre condition humaine

Ce n’est peut-être pas sans besoin

Notre quotidien n’est pas toujours reluisant. Reconnaissons qu’il s’y trouve facilement de la poussière et de la grisaille appelé tout simplement péché. Parfois ce seront même des germes de mort.

Il nous arrive tous d’avoir nos mauvais jours. C’est alors que l’ennui, les replis, les refus, s’installent dans nos vies. C’est alors qu’elles prennent un goût de cendre, qu’elles prennent la couleur de la cendre. Or c’est précisément à cette prise de conscience que nous sommes invités en posant le geste très ancien de recevoir les cendres sur nos têtes, sur nos fronts ou parfois dans nos mains.

Mais qu'expriment-elles ces cendres?

Toucher les cendresN’est-ce pas ce qui reste quand tout est brûlé, un peu comme ces amitiés que l’égoïsme laisse mourir, un peu comme ces amours qui meurent de ne pas avoir pu être fidèles?

N’est-ce pas aussi un signe de notre petitesse et de nos pauvretés à créer des choses qui durent? N’évoquent-elles pas la fin des apparences, la fin des masques qu’on aime parfois porter pour faire bonne figure?

Par ailleurs, si nous regardons ce qu’il y a de gris dans nos vie, ce n’est pas pour nous enfoncer dans nos misères ou pour nous barbouiller de nos échecs. Si nous acceptons de recevoir un peu de cendre, c’est pour prendre conscience de ce que nous devenons si l’on ne se redresse pas de toute la force de nos esprits et de nos coeurs, si nous n’osons pas nous risquer avec Dieu.

Ces cendres n’évoquent-elles pas aussi cette vilaine poussière que le vent entraîne et qui s’infiltre partout? Mais rappelons-nous que la poussière est le signe de gens qui sont en route, de gens qui marchent, qui se hasardent. Surtout n’oublions pas que sous la poussière se cachent souvent des trésors et des choses merveilleuses.

Les cendres sont là pour nous rappeler la faiblesse de ceux qui marchent, leur fatigue, leur chute. Elle sont là aussi pour nous redire que sous la cendre, les braises ne demandent qu’à se mettre à rougeoyer, que l’arbre mort ne demande qu’à reverdir avec le printemps.

J’ai un ami céramiste qui utilise de la cendre de bois pour émailler ses pièces. À haute température il obtient de beaux reflets cuivrés. Quant au maître verrier, il appelle grisaille la pâte vitrifiable utilisée pour prolonger les plombs et raffiner son dessin. Comme quoi tout ce gris peut produire de la beauté. La grisaille qui nous habite ne demande qu’à faire de même.

Un signe

Les cendres sont un signe. Elles disent notre désir de vivre le carême. Recevons-les comme l’expression d’un choix, celui de prendre la route qui conduit à la lumière de la résurrection.

Laissons-nous façonner par la Parole de Dieu. Permettons à l’apôtre Paul de nous redire : « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor 5,20). Sachons reconnaître que les pécheurs que nous sommes avons besoin de pardon et de miséricorde. Si le gris de la cendre évoque aisément la mort et l'ennui, n'oublions jamais que Dieu peut en faire surgir la vie.

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