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Pierre Francœur, c.s.v.
4 décembre 2006
Aperçu
Benoît de Nursie se caractérise par sa recherche de Dieu dans le silence, l'équilibre et la paix intérieure. Dans le cadre d'une série portant sur quelques-unes des grandes figures spirituelles.
Icône de saint Benoît
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Saint Benoît de Nursie (480-547) - Une recherche de la présence de Dieu dans le silence, l’équilibre et la paix intérieure.
Saint Benoît est un Italien né à Nursie, petite cité au centre du pays. Il appartient à une famille de la petite noblesse. Dès sa jeunesse, il se montre plein d’idéal et profondément croyant et sa sœur Scolastique partage sa ferveur; elle sera d’ailleurs canonisée elle aussi. Comme la plupart des jeunes de sa condition sociale, il entreprend des études en droit et en art de la parole.
Le monde dans lequel vit Benoît subit de grands bouleversements. En effet, en 476, quatre années avant sa naissance, l’Empire romain est tombé aux mains des Barbares. Imaginons, qu’à notre époque, ce ne sont pas les deux tours du World Trade Center qui se soient effondrées mais tout New York! Le monde semble donc s’écrouler. Voilà que Rome est sans dessus dessous et ne retrouve plus ses balises pour organiser sa vie morale et sociale.
À la même époque, l’Église vient à peine de naître, puisqu’elle n’est reconnue dans l’Empire que depuis à peu près un siècle, soit en 313 avec la conversion de l’empereur Constantin. La vie des chrétiens du temps est donc un peu déchirée entre un monde corrompu et décadent et le règne de Dieu à faire advenir. Ces chrétiens ont un grand souci d’imiter la vie du Christ et de s’y conformer. Ils attendent son retour et le croient assez proche.
Des hommes et des femmes, devant l’imminence du retour de Jésus et devant ce monde décadent, veulent « sortir de ce monde » pour se préparer à accueillir le retour du Seigneur qui se fera bientôt.
Ils partent ainsi vivre au désert pour se rapprocher de Dieu et le trouver dans une vie de silence et de paix, hors de l’agitation des villes. Ils veulent se retrouver seuls avec Dieu et loin des « folies » du monde... On appelle ces hommes des moines. Ce mot vient du grec « monos » qui veut dire seul.
Saint Benoît se fait donc moine. Il quitte la grande ville pour aller vivre dans une grotte à Subiaco, non loin de Rome, pour se consacrer au jeûne, à la prière et à la recherche intérieure de son Dieu.
Il y a aux alentours de Benoît d’autres moines qui ressentent le besoin parfois de prier ensemble et de se réunir pour une corvée de travail ou une réflexion. Ils comprennent, au fil de la vie, que Benoît a une forte personnalité et qu’il est un chef.
Devant ces moines qui cherchent à s’organiser un peu mieux pour avoir une vie de silence et de prière, Benoît se sent interpellé. Il prend donc avec lui quelques compagnons et emménage dans un lieu pour permettre une vie en commun : la première abbaye est née!
Il se voit ainsi confier la responsabilité d’organiser et de structurer cette nouvelle réalité de la vie en communauté. Benoît écrit pour les moines autour de lui une Règle de vie. Ce livre sert encore de principe de base à la vie monastique.
Saint Benoît est donc considéré comme un des Pères fondateurs de la vie monastique.
Une vie de saint Benoît nous est parvenue par un texte du pape saint Grégoire le Grand rédigé en 593 sous le titre Dialogues.
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