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Bouddha ou Jésus ?
Spécificité de la spiritualité chrétienne

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Spécificité de la spiritualité chrétienne

La part de Dieu

Icône de la TrinitéPour le chrétien, la part de Dieu est primordiale. Elle se joue éternellement d’abord au sein même de la Trinité divine. C’est la circulation d’Amour qui aurait pu se contenter de sa propre plénitude. Le Père engendre le Fils dans son Amour auquel le Fils répond totalement. De cet Amour réciproque « procède » l’Esprit qui est la conscience même d’un tel Amour infini et éternel.

Mais le plus beau de l’affaire, c’est la décision divine, comme dit Jean dans son Prologue, non seulement de créer le monde par son Verbe, mais aussi de prendre notre nature pour la diviniser. Autrement dit pour faire de nous les enfants de l’Amour trinitaire. L’envoi de l’Esprit à la Pentecôte rend bien compte de cette attention divine amoureuse à notre égard. Voilà pour la part de Dieu.

Notre part

Notre part se joue dans un triple Amour en réponse à l’Amour divin premier.

Première étape : aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces. Cela peut sembler impossible, mais c’est en fait très facile quand on a pris conscience de l’infini de l’Amour divin inconditionnel. Autrement dit, nous n’avons pas à mériter un tel Amour divin. L’aimer en retour est simplement une sorte de respiration de notre part. Une respiration qui se confond avec une aspiration et qui devient l’inspiration de toute notre vie.

Mains ouvertesLa seconde étape de notre réponse se confond avec la troisième : aimer son prochain comme soi-même. S’aimer soi-même, c’est en fait reconnaître la merveille qui est en soi : l’habitation divine, rien de moins. Et cette habitation divine est triplement amoureuse. Le reconnaître nous propulse vers l’autre, notre frère, enfant de Dieu tout comme nous. Un tel amour du prochain n’est pas toujours facile. Il est même des moments où l’on doit se contenter d’une compassion intérieure qui, n’arrivant pas à atteindre l’autre physiquement, réussit quand même à le rejoindre dans le corps mystique.

Plusieurs réservent ce terme de corps mystique pour les seuls catholiques, d’autres pour les seuls chrétiens, d’autres encore pour les seuls humains. Mais certains dont je fais partie l’étendent non seulement à tout ce qui vit, mais aussi à tout l’univers dont l’immensité et l’unité nous permettent d’être au monde et d’en rendre grâce.

Conclusion

Telle est la spécificité de la spiritualité chrétienne : elle proclame que nous sommes appelés à nous diviniser de plus en plus, non pas par nos seules forces, mais grâce à l’Amour divin, début et fin de tout, comme le clarifie si bien Teilhard de Chardin dans son livre « Le phénomène humain » complété par « Le milieu divin ». En fait les deux sont une seule et même chose. Et elle s’appelle Amour.

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