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L’intimité se construit au fur et à mesure que je me façonne dans le regard de l’autre. Il est possible que j’aie peur que l’autre me rejette, m’abandonne ou me juge parce que ma maison est en désordre. Cependant, ordonné ou désordonné, mon vécu tel qu’il se présente est une offrande à l’autre.
Je me souviens d’une personne itinérante qui me disait : « j’ai peur que tu t’approches de mon intérieur; mes sentiments sont comme des cadavres en moi; ils ne finissent pas de se décomposer; j’ai l’impression que je pue lorsque je te parle, c’est pourquoi je préfère garder le silence. » Ou un autre qui me disait : « Nick, je n’ai rien d’autre à te partager que mes souffrances, mes hontes, mes peines et mon désespoir; veux-tu les écouter? »
Posséder un cœur amoureux afin de regarder l’autre avec émerveillement. L’intimité, c’est aussi rechercher la présence de Dieu dans la vie de l’autre. Ce regard entend discerner ce que l’autre ne voit pas ou ne soupçonne même pas. En thérapie, on me dit souvent : « si tu me connaissais vraiment je ne suis pas certain que tu continuerais à me rencontrer ».
Pas d’intimité sans laisser tomber ses masques. Rester avec ses masques peut occasionner de l’angoisse, de l’anxiété et une profonde tristesse. Je peux montrer un visage heureux, paisible et calme alors qu’en fait un champ de bataille faire rage en moi. Tôt ou tard, tout éclatera comme un volcan…
Un jour, les masques tombent. La personne est sans défense, démunie, fragile et vulnérable. Elle craint d’être attaquée. Elle vit sur la défensive.
Vivre l’intimité, c’est laisser parler son intérieur; déposer son cœur dans le cœur de l’autre. C’est peut-être cela le sacrement de la réconciliation…
L’amour fait naître l’autre à lui-même. Sans amour on ne peut grandir. Nous vivons toujours plus ou moins profondément dans le cœur de quelqu’un d’autre. Saisir l’amour du cœur de l’autre afin de s’enraciner dans la relation.
Je me sais faillible, fragile et vulnérable. À cause de cette fragilité je compte sur l’autre. La confiance et l’abandon en l’autre naissent parce que je le vois comme un ami précieux. La confiance et l’abandon sont également fonction de celles que je m’accorde.
Bref, on pourrait résumer en disant que l’intimité se mesure à la profondeur de notre plongeon. L’intimité avec autre que soi permet de mieux se voir et ainsi de mieux se connaître. Être intime, c’est se laisser regarder, c’est désirer un regard profond qui devine la beauté de mon être… ainsi s’installe la paix.
Pas de présence de Dieu sans intimité avec lui. C’est par l’intimité que naît et grandit notre cœur. Jésus était proche de son Père. Tout l’Évangile témoigne de cette intimité. L’abandon et la confiance sont certes le chemin de la connaissance de Dieu, celle qui passe par le cœur.
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