| Page 1 de 3 |
Versions : standard | interactive | imprimable
Jean-Pierre Audet
7 juin 2005
Aperçu
1er article d'une série de 3 sur le mystère chrétien de la Trinité divine et ses conséquences dans la vie du croyant.
Nota Bene - Une version interactive abrégée de cet article est également disponible.
Icône de la Trinité
André Roublev
La Trinité est le premier dogme de l'Église, et pourtant le moins souvent évoqué. C'est là un grand paradoxe. Pourtant ce mystère est le plus grand et contient tous les autres.
Il est le plus riche, le plus fondamental et le plus significatif de tous les mystères chrétiens.
Malgré sa réputation d'être incompréhensible, il peut se résumer en une petite phrase citée par Jean : « Dieu est Amour! ».
La Trinité divine, donc? Pour les plus de cinquante ans, ce mystère a été présenté comme le plus incompréhensible, le plus rébarbatif même de tous les dogmes de l'Église. Déjà au 5e siècle, saint Augustin aimait répéter qu'il est aussi difficile de comprendre ce mystère que de mettre l'océan complet dans un petit trou creusé dans le sable de la plage.
Quinze siècles plus tard, le Petit catéchisme du Québec appliquait la même définition restrictive à tous les mystères : « Un mystère est une vérité que nous ne pouvons pas comprendre, mais qu'il nous faut croire parce que c'est Dieu qui l'a révélé. »
Eh bien non! Ce grand mystère n'est ni incompréhensible ni imposé. Comme tout mystère évidemment, nous n'aurons jamais fini de l'approfondir et surtout de le faire passer dans notre vie. Comme tout mystère aussi, nous ne pourrons en tirer profit que si nous y adhérons de tout notre cœur.
Mais de là à y croire dans une incompréhension totale, sous prétexte que la révélation serait divine, il y a une marge qu'il nous faut tâcher de ne jamais franchir. Et puis, bien avant d'être une vérité, ce grand mystère est d'abord une expérience. Et une expérience intime qui se joue au plus profond de soi.
Ensuite, s'il était incompréhensible, il n'y aurait pas lieu d'y adhérer. Nous ne sommes pas des machines à la solde de Dieu, quand même. Non, nous sommes enfants de Dieu dans le Christ Jésus. Et le premier résultat de l'adoption divine en Jésus, c'est de nous rendre libres.
Dans ce que j'aime appeler « la sainte liberté des enfants de Dieu », comment pouvons-nous aborder ce grand mystère sans trop le déformer? Commençons par nous donner une disponibilité de cœur d'abord, d'esprit ensuite. De cœur pour entrer dans une expérience intime de l'Amour divin manifesté en Jésus. D'esprit aussi, pour tirer de cette expérience des enseignements pour notre vie de tous les jours.
Si la Trinité divine, dans sa complexité à première vue, nous désarçonne quelque peu, nous pouvons faire appel au mystère de l'Incarnation. Il est au centre de la Révélation divine. Tous les autres mystères en découlent, y compris celui de la Résurrection de Jésus et de l'envoi de l'Esprit Saint.
Alors tout se tient : l'Amour s'est incarné pour nous, nous accompagne jusqu'à la fin des temps et nous intègre dans Sa propre circulation amoureuse pour faire de nous des oblations à notre tour.
Voici les quatre vérités fondamentales issues du mystère de la Trinité divine :
La première de ces vérités fondamentales - Dieu est Amour - se trouve à condenser en elle toutes les autres. à sa lumière, la Trinité devient la manifestation par excellence de la divinité.
Dieu ne peut s'isoler de notre humanité, justement parce qu'Il est déjà, en Lui-même, communication d'Amour, comme l'Évangéliste Jean aime nous le répéter. Et comme Dieu nous a aimé(e)s le premier, il nous demande en retour de nous aimer les uns les autres. Voilà résumés la loi et les prophètes.
| Page 1 de 3 |