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Léonard Audet, c.s.v.
1 décembre 2008
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Dans un contexte de pluralisme religieux grandissant au Québec, l'Église est invitée à « revisiter » les sources de son identité chrétienne et à prendre résolument en main la formation catéchétique.
Au Québec, on a connu une révolution tranquille au plan social à compter de 1960, et une autre en catéchèse au début des années 80. De fait, le virage catéchétique a été plus ou moins tranquille, compte tenu du lot de changements successifs apportés, sans crier gare, à l'école et à la paroisse.
Ce virage catéchétique s'est d'abord manifesté dans le domaine de la préparation des enfants aux sacrements d'initiation. Déjà, dès les années 1980, la situation de l'enseignement religieux à l'école manifestait des signes inquiétants. Plusieurs enseignants se plaignaient du désintéressement d'un nombre croissant de parents face à la formation religieuse de leurs enfants.
En même temps, les contraintes syndicales amenaient plusieurs enseignants du secondaire formés en d'autres disciplines à donner en complément de tâche l'enseignement religieux. Au primaire, un nombre croissant d'enseignants, ayant pris leurs distances face à la foi catholique, ne prenaient plus la peine de demander à être exemptés du cours d'enseignement religieux et acceptaient de le dispenser tant bien que mal sans y mettre de convictions personnelles.
Alertés de cette situation, les évêques décidaient, en 1983, de confier aux paroisses la préparation immédiate aux sacrements de l'initiation chrétienne pour en assurer la qualité. En paroisse, il s'agissait de trois ou quatre rencontres préparatoires à chacun des sacrements. Tandis que l'école continuait à dispenser un enseignement confessionnel de la religion. Toutefois, la situation s'est aggravée au cours des années 1990. L'inculture religieuse des élèves n'a cessé d'augmenter de même que celle des jeunes enseignants.
Un contexte nouveau a été créé par l'adoption, en juin 2000, de la loi 118. Cette loi enclenchait le processus de déconfessionnalisation du système scolaire québécois en commençant par les commissions scolaires. Par la même occasion, on procédait à une réduction substantielle du temps alloué à l'enseignement religieux confessionnel (catholique et protestant) et à l'abolition des services d'animation pastorale scolaire. Pour leur part, les responsables de l'Église, les communautés chrétiennes et un certain nombre de parents ont entrepris, à des rythmes divers, le rapatriement des responsabilités jusqu'alors confiées à l'école en matière d'éducation chrétienne.
C'est ainsi que s'amorça une sorte de virage catéchétique singulier dans la plupart des milieux ecclésiaux. Il s'accompagnait de la prise de conscience grandissante qu'il était urgent d'imaginer des parcours plus longs d'éveil à la foi et de formation à la vie chrétienne pour les personnes de tous âges et non seulement pour les enfants.
Apparurent alors très tôt, dans les Églises du Québec, le besoin de personnel qualifié en matière catéchétique et le besoin d'outils de formation à la vie chrétienne.
Mais la plus grande exigence fut sans doute celle de l'accompagnement et de la formation continue des personnes appelées à intervenir auprès des enfants, des adolescents, des jeunes, des parents, des adultes et des aînés. Un peu partout, surgirent des catéchuménats pour accueillir un nombre croissant de jeunes ou d'adultes, candidats au baptême ou à la confirmation. Ces catéchuménats exigèrent aussi des ressources qualifiées, et beaucoup d'accompagnement.
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