Catéchèse / Ressources

Aller au contenu principal

Accueil | Rechercher | Plan du site | Archives

Page 4 de 4

L’Église entre enfouissement et visibilité
Les défis de la modernité

Versions : standard | imprimable

Période de questions

Que penser du cours d’éthique et de culture religieuse où nous demandons à un jeune enfant de régler des problèmes que les adultes eux-mêmes n’arrivent pas à résoudre? N’y a-t-il pas risque de diluer les vérités?

Certes, l’enfant se trouve aujourd’hui dans une espèce de « No man’s land ». L’identité chrétienne est vraiment mise à l’épreuve, voire supprimée, ce qui constitue un très grand problème.

Le défi est plus que jamais lancé à la famille d’éduquer à la vie chrétienne. Plus que jamais, la foi se jouera désormais au niveau des convictions. Il est important que le chrétien sache affirmer son identité, sans ostentation ou provocation, dans une calme assurance.

Personnellement, par rapport à l’islam, je tiens parfois un discours musclé en mettant en garde les sociétés occidentales contre le « politiquement correct ». Je dis les choses comme je les pense, au-delà de toute peur et timidité. Une religion qui se défend par le terrorisme et l’intolérance montre son incapacité à se situer au niveau du discours : c’est un signe évident de faiblesse. Je mets donc en garde l’Occident : « Attention! À force de démissions, de concessions et de tolérance, vous ouvrez toute grande la porte à l’intolérance et vous vous laissez piéger ».

Les structures sociétales ne sont plus, comme autrefois, porteurs de valeurs chrétiennes. C’est un défi qui nous interpelle. La religion dite « de tradition » doit faire place à une religion « de conviction », beaucoup plus personnelle, où chacun est acculé à prendre position et à se situer.

Karl Rahner est partisan d’un « christianisme de diaspora », où de petites minorités de croyants, groupés en communautés fortes et vivantes, sont enfouis dans une masse incroyante.

Jean Daniélou, par contre, met l’accent sur un christianisme sociologique (club chrétien, cinéma chrétien, école chrétienne…) car il considère que, vu la fragilité de l’être humain, les croyants ont besoin d’un soutien sociétaire avec signes extérieurs.

Deux courants, deux théologies, deux visions : celle du petit reste qui lutte dans un milieu réfractaire, et celle d’une Église qui s’efforce de créer ses propres structures chrétiennes. Personnellement, je ne crois pas que la vision de Daniélou puisse tenir le cap actuellement. Il faut accepter d’être des éléments porteurs et convaincus dans un milieu qui est soit indifférent, soit réfractaire.

Certes, la société actuelle nous invite à prendre position.

Les prêtres ne devraient-ils pas laisser aux laïcs le soin de régler la situation de l’Église plutôt que de vouloir tout gérer par eux-mêmes? Par ailleurs, pourquoi sont-ils tellement silencieux?

Certes, les prêtres devraient être plus courageux et l’Église plus lucide, plus créative et oser prendre les décisions qui s’imposent. Mais en même temps, l’Église… c’est aussi nous, nous tous!

Comme il y a de moins en moins de prêtres, il faut imaginer à terme une Église sans prêtres…! C’est alors que tous les baptisés se sentiraient responsables de l’avenir de l’Église.

L’Église est à repenser, à réinventer. Il faut imaginer une autre structure, lui donner un autre visage.

Que chacun assume ses responsabilités. Il y a de la part des fidèles une démission… mais l’Église c’est nous tous!

Personnellement, mon langage est clair et net. Je n’ai peur de rien ni de personne. Ouvrez-moi des portes!

Chacun devrait se dire… et moi… qu’est-ce que je peux faire?

En islam par exemple : tout croyant est prédicateur, tout musulman se sent concerné par sa religion et par la diffusion de sa foi, jour après jour, par toutes sortes de moyens.

Les chrétiens, par contre, pensent que c’est le travail du curé! Il leur manque le sens de l’appartenance et de la responsabilité dans la mission de l’Église.

Ne trouvez-vous pas que l’Église a manqué à son rôle en maintenant les fidèles dans un état d’immaturité où tout le monde attendait d’être dirigé par le clergé?

Je suis tout à fait d’accord avec vous. Le péché de l’Église, si j’ose dire, a été de maintenir les chrétiens dans un état d’infantilisme. Et, malheureusement… ça continue…!

La grande « vertu » des chrétiens a été pendant des siècles l’obéissance et la soumission… Eh bien non! Il faut apprendre à réfléchir par soi-même, à assumer ses responsabilités.

Les laïcs devraient se réunir régulièrement par petits groupes de 7 à 8 personnes pour creuser les questions de la foi. Ils peuvent le faire à partir de l’exposé d’un ouvrage valable. Il y en a tellement sur le marché! Apprendre à échanger, à discuter, à approfondir sa foi.

Cela pourrait se faire dans telle ou telle famille, à tour de rôle, de 6h00 à 8h00 du soir par exemple. La soirée se terminerait par un verre ensemble. Ça crée des liens, ça soude une communauté.

Il faut que tous les chrétiens sans exception prennent leur Église en main. Il n’y a pas d’autre solution pour l’avenir du christianisme.

Page 4 de 4

Table des matières

Utilitaires

© 2003-2011 Service catéchétique viatorien