| Page 1 de 3 |
Versions : standard | imprimable
Alain Ambeault, c.s.v.
9 décembre 2005
Aperçu
En exerçant sa capacité de jugement, l’être humain se situe face à la différence et peut ainsi entrer en dialogue avec elle.
Il fut un temps où les traits qui définissaient la société québécoise étaient clairs : les valeurs familiales et chrétiennes étaient partagées par presque tout le monde. Les critères de jugement entre le permis et le défendu s'établissaient alors sans peine. Une société au modèle unique, disions-nous! L'affranchissement de ces repères fut brutal à partir des années 1960.
Tiré de :
www.lecinema.ca
Pourtant, l'être humain n'a fondamentalement pas changé. Il y avait et il y a toujours ceux et celles qui ne cadrent pas dans les repères fixés et qui, pour vivre ou survivre, doivent se distinguer. La seule différence entre les « excentriques » d'hier et d'aujourd'hui, c'est que les uns se faisaient exclure par les modèles religieux et social dominants, tandis que les autres semblent trouver leur place dans notre univers de vie et de sens éclaté.
En une journée grise et pluvieuse, j'ai visionné le film québécois de Jean-Marc Vallée : C.R.A.Z.Y. Un jeune à la différence émotive évidente tente de se tailler une place dans l'univers familial traditionnel québécois. Au premier abord, il en va du combat d'un jeune garçon avec sa particularité affective et sexuelle; plus profondément, nous y reconnaissons plutôt le long cheminement d'une famille qui, de l'intolérance, la moquerie et les blessures, en arrive à l'accueil d'un des leurs dans sa différence.
Ce film est tellement humain; il est touchant et bouleversant! Au bout du compte, personne ne se renie pour accueillir cette différence. Le changement s'opère graduellement lorsque les plus rébarbatifs, le père et le frère, cessent de mettre un frein au mouvement de l'amour qui toujours dilate le cœur et en ouvre l'horizon jusqu'aux limites des réalités humaines. Toute personne vient de Dieu et mérite un tel respect!
Dernières scènes du film CRAZY : le père rébarbatif ouvre grand les bras à son fils. Il lui redit autrement ces paroles qui avaient marqué son enfance, celles qu'il recherchait désespérément : Tu es mon préféré! C'est de l'ordre des scènes bibliques! J'entends s'élever de l'Alliance entre Dieu et nous ces belles paroles : Viens, tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t'aime! (Is 43,1)
| Page 1 de 3 |